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Chères amies et amis, J´ai le plaisir de vous inviter à lire ma nouvelle chronique Sertão solidaire. Comme vous le savez déjà, j´ai quitté Salvador et mon travail avec ABONG (Association Brésilienne des ONG) en juin dernier. Je vis à présent dans la région semi-aride de Bahia et travaille avec le IPÊTERRAS - Institut de Permaculture en Terres Sèches (mon travail est toujours financé par l´ONG suisse de coopération E-CHANGER - www.e-changer.ch). IPÊTERRAS développe sur sa ferme écologique (siège de l´organisation qui représente quelques 14 hectares au total) une agriculture écologique diversifiée et adaptée au climat local, dissémine et enseigne ces techniques à des agriculteurs et étudiants de la région. Le IPÊTERRAS travaille aussi l´éducation environnementale avec des écoles de la région et cherche à renforcer les traditions artistiques régionales en appui à des groupes et des manifestations. Sachez que Sertão est le nom donné à la région semi-aride du nordeste brésilien. Ser tão signifie aussi être tellement. Cette chronique sera actualisée tous les 2 mois environ. Elle est divisée en 4 parties: - Activités du IPÊTERRAS (et de moi-même) - Entrevue avec une personne proche du IPÊTERRAS (3 questions qui seront toujours les mêmes) - Nouvelles de Jean-David - Un morceau de musique régionale |
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| Activités du IPETERRAS (septembre-octobre 2006) | |||
| Le grand Mutirão ou journée de travail collectif | |||
| Parmi ses activités importantes,
le IPÊTERRAS réalise chaque année depuis 1998, une journée
de travail collectif (mutirão ou adjunto) à
la ferme, siège de l´organisation. Femmes et hommes, agricultrices
et agriculteurs, artistes et groupes de la culture populaire régionale,
jeunes, étudiants et enfants des communautés rurales de la
région se retrouvent au IPÊTERRAS pour cet évènement.
Le matin est consacré aux divers travaux de la ferme : préparation
de la terre, ensemencement, préparation et plantation de boutures...alors
que la partie de l´après-midi laisse place à la danse
et à la musique.
Il ne s´agit pas seulement de faire revivre une tradition régionale qui se perd mais aussi d´encourager la solidarité et permettre des échanges entre genres et générations, agriculteurs et agricultrices, groupes de musique et de danse de la région. L´évènement sert également à divulguer l´agroécologie, la permaculture, l´énergie solaire, le triage des déchets... Le 16 septembre de cette année, le IPÊTERRAS organisait son 9ème mutirão et recevait à la ferme environ 150 personnes. L´attraction principale cette année était le São Gonçalo du groupe d´un village rural de la région. Sur un rythme de samba soutenu par une dizaine de musiciens, un homme guide la danse d´une vingtaine de femmes à l´aide d´un cerçeau. |
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| Plusieurs personnes présentes, dont beaucoup de jeunes, ont affrimé avoir découvert une manifestation culturelle de leur propre région qu´ils ne connaissaient pas. A la suite de notre mutirão 2005, la municipalité du village voisin de Jussara a également organisé le sien. Cette année, plusieurs associations et autres municipalités veulent également organiser leur journée de travail collectif. Grâce à ce genre d´évènement, les Brésiliens de la région semi-aride (sertão) retrouvent leurs racines et ainsi une partie de leur identité. | |||
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-------- Voir
d´autres photos du mutirão--------
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| Autres activités: | |||
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| Organisation du Festival Régional
des Premières Pluies en collaboration avec d´autres organisations.
Ce festival se tiendra en janvier et réunira une trentaine de groupes
de la culture populaire régionale : samba, reisado, repente, São
Gonçalo, aboio...
Recherche de fonds : élaboration et envoi de plusieurs projets de recherche de fonds, destinés à des organisations brésiliennes et internationales de développement. Projets destinés à augmenter la capacité de stockage des eaux de pluie, organiser des formations (permaculture, agro-écologie...) et des journées de travail collectif à la ferme l´année prochaine. Réalisation de l´assemblée générale ordinaire qui s´est déroulée le 7 octobre. |
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| Entrevue avec Marilza (India) coordinatrice du IPÊTERRAS: | |||
| Cliquez içi pour écouter l´entrevue en portugais...(4,49 minutes / 1,65MB / format Mp3) | |||
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| Jean-David - Quelles sont les principales richesses de la région? | |||
| India - La principale richesse de la
région est tout autant la divesité culturelle qu´environnementale.
Du point de vue culturel, nous avons une série de traditions, croyances
et coutumes qui sont propres à notre peuple et dont les origines
ou racines sont autant indigènes qu´africaines et europpénnes.
Il s´agit d´un mélange, d´une mixégénisation
très riche et unique. Lorsque l´on considère l´écosystème local, la caatinga, nous n´avons d´autre choix que de constater sa force de résistance face à la sécheresse, sa diversité, sa beauté, sa richesse. La caatinga est un écosystème purement brésilien avec plus de 900 espèces de plantes répertoriées. Parmi celles-ci, 380 sont endémiques. Cette diversité représente un gagne-pain pour beaucoup de brésiliens : alimentation, médecine populaire, artisanat, bois, cosmétiques, etc. Une autre richesse est notre sol qui est un des plus riche du monde (en termes d´agriculture). |
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| Jean-David - Quels sont les principaux problèmes de la région? | |||
| India - Je dirais que les problèmes de la région sont directement liés à ces richesses ou plutôt à la dévalorisation ou non respect de celles-ci. Par exemple, les différentes formes de pollution des sols, la dévastation de l´écosystème qui mène à l´extinction de plusieurs éspèces de la flore et la faune, l´utilisation des agro-toxiques qui arrivent dans la région avec les prêts ou investissements des banques et les projets du gouvernement. Ces derniers sont souvent conçus verticalement sans réllement prendre en considération les demandes ou besoins du peuple. Ainsi, la déforestation pour la monoculture - conséquence de la verticalisation - a comme effets la démotivation des agriculteurs et leur endettement et la destruction de l´agriculture familiale. Dans la région, malheureusement, il existe peu de résistance ou d´alternatives. Peu de groupes luttent pour la préservation du sol, de la caatinga ou des traditions culturelles. | |||
| Jean-David - Dans ce contexte qu´est-ce que le IPÊTERRAS, sa raison d´être ? | |||
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| Nouvelles de Jean-David | |||
| Comme je vous ai dit dans ma dernière lettre, je commence une nouvelle vie. Alors que je n´ai jamais vécu hors de la grande ville, je suis à présent en pleine campagne, plante des arbres et prends soin de poulets ! Je dois dire que ce changement est radical mais me plaît. Les grandes villes brésiliennes sont particulièrement difficiles à vivre : pollution, bruit, violence, pauvreté...Je me suis donc rapproché de la terre. J´apprend énormément. Le travail avec le IPÊTERRAS me plaît pour être varié. Nous travaillons à la ferme les heures les plus fraîches de la journée puis passons à l´ordinateur lorsque le soleil est plus chaud (élaboration de projets, de rapports, comptabilité...). Régulièrement nous recevons des classes d´écoles de la région (environ 3 à 4 fois par semaine) ce qui constitue un changement. IPÊTERRAS est aussi très actif dans ce que nous appelons "revitalisation et renforcement de la culture régionale": nous partitcipons à des réunions, rencontres avec des artistes locaux et organisations d´évènements culturels mettant en scène ces "artistes", pour la plupart agriculteurs et agricultrices. | |||
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A la dernière pleine lune, qui coincidait aussi avec l´assemblée du IPÊTERRAS, nous avons reçu à la ferme deux groupes de deux municpalités différentes. Le résultat a été fantastique et le samba exceptionnel ! Vous y avez déjà pensé, un samba au coin du feu sous les rayons de la pleine lune? |
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Depuis quelques semaines nous avons Internet à la ferme, ce qui nous permet de communiquer plus facilement avec le monde. L´ordinateur fonctionne sur l´énergie solaire et Internet est transmis par ondes radio. Croyez-moi, Internet à la campagne c´est l´avenir ! Sinon, nous sommes toujours en attente des pluies. Les dernières remontent à avril dernier. Nous avons reçu déjà quelques gouttes mais rien de bien sérieux, certainement pas assez pour mettre semence en terre! Les prochaines pluies pourraient arriver ce soir, dans un mois ou deux?! Personne ne sait. Il faut être patient avec la pluie dans le Sertão... Les habitants et la nature se préparent gentillement pour la fascinante métamorphose... ----------- " Affreusement stériles; merveilleusement exubérants... Dans la plénitude des sécheresses, ils sont positivement le désert. Mais quand les sécheresses ne se prolongent pas au point de provoquer de pénibles exodes, l´Homme lutte à l´image des arbres, avec les réserves emmagasinées pendant les jours de prospérité, et, dans ce combat féroce, anonyme, terriblement obscur, perdu dans les solitudes des plaines, la nature ne l´abandonne pas tout à fait. Elle le protège bien au-delà des heures de désespérance qui accompagnent l´épuisement des derniers puits. Quand surviennnent les pluies, la terre, comme nous l´avons vu, se transfigure par de fantastiques métamporphoses, contrastant avec la désolation antérieure. Les vallées sèches se changent en rivières. Les sommets des monts chauves deviennent subitement des îles. (....) Les fortes insolations disparaissent, la sécheresse anormale de l´air s´annule. De nouveaux tons embellissent le paysage: la transparence de l´espace souligne les traits les plus délicats, avec toutes les variantes possibles de forme et de couleur. Les horizons se dilatent. Le firmament n´ayant plus le bleu intense des déserts, devient plus profond, face à l´explosion de la terre qui revit. Et le sertão est alors une vallée fertile. C´est un immense verger sans maître. Un, deux, six mois de bonheur dus à l´exubérance de la terre, s´écoulent jusqu´à ce que, sourdement, imperceptiblement, sur un rythme maudit, se détachent peu à peu, et tombent, les feuilles et les fleurs, et que la sécheresse se grave une fois de plus sur les branches mortes des arbres flétris..." (Euclides da Cunha, Hautes terres, la guerre de Canudos. Éd Métaillé, 1993, p. 49) |
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Vous avec la possibilité de soutenir ce projet financièrement...Il s´agit d´un geste concret pour appuyer une organisation à but non-lucratif basée dans une des régions les plus pauvres du Brésil et ainsi contribuer à la construction d´un meilleur avenir pour tous. Compte postal de E-CHANGER - CCP 17-7786-4 Cet argent versé à E-CHANGER est ensuite redirectionné à mon travail avec le IPÊTERRAS. |
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Barriguda
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